1. TANT QUE LE VENT
Quelque chose se dessine à l’horizon
Quelque chose comme un nouveau lendemain
Une lueur trace un chemin
Bordé de fleur, gorgé de vin
Et je m’y engage sans trop réfléchir
Sans vraiment de raison pour me retenir
Et dans l’insouciance des débuts
Je fonce à fond dans les méandres de l’inconnu
Au gré du vent et de la terre
Qui tourne plus qu’elle en a l’air
Les palpitations qui traversent mon être
Me rappellent les frissons d’un autre temps
Toute mon essence qui prend en feu
Et les étoiles qui s’allument au fond de mes yeux
Elles brilleront, shineront
Tant que le vent me soufflera ton chant
C’est comme si mon cœur
S’était accroché les pieds
Quelque part dans les lignes d’une main
Plus de contrôle sur mon destin
Pourtant mes pieds n’ont jamais dansé aussi bien
Ils danseront, danseront
Tant que le vent me soufflera ton chant (3)
Et des vallons verts de Laverlochère
Jusqu’aux rives blanches de Rivière-au-Tonnerre
Tu seras là, tout près de moi
Tant que le vent me soufflera ton chant
2. QUAND ELLE ME DIT JE T’AIME
Étendu sur le dos
Dans un lit de sable chaud
Bercé par le bruit des arbres et des oiseaux
Amoureux, silencieux, au son des vagues
J’ouvre grand les yeux
Un héron traverse le ciel
Sans un effort je me pose sur son aile
Je plane, je vole, je m’envole au large
Sous le soleil d’un ciel vide d’orage
Quand elle me dit je t’aime
Ça sonne comme le vent
Qui fait danser les plaines
Et valser l’océan
Loin de moi les problèmes
Loin de moi les tourments
Elle me dit je t’aime
Et moi, j’en fais autant
Quand elle me dit je t’aime
Ça sonne comme la pluie
Au studio MGM
Lorsque chante et danse Gene Kelly
Et quand se lèvera le brouillard
Parce que même
Si tu flottes sur ton nuage d’or
Y arrive toujours un malheur de quec’part
Tout doucement
Elle me prendra par la main
Et le temps d’une danse
Me ramènera sur mon chemin
Quand elle me dit je t’aime
Et me fait les yeux doux
Son chandail de laine
Un café double crème
Mon chandail de loup
Sur la Fifth Avenue
Elle me redit je t’aime
Je réponds I love you
I love you darling
Quand elle me dit je t’aime
Ça sonne comme le vent
Qui fait danser les plaines
Et valser l’océan
Si ça sonne quétaine
Je m’en fou royalement
Si elle vous disait je t’aime
Vous en feriez autant
3. NOIRE ET BLANCHE
Seul dans la nuit
J’arpente les rues d’une ville endormie
Nulle part où m’en aller
Pas même un faisceau de lune pour me guider
Dans la nuit noire
Je vais sans but, sans espoir
Ce qui m’attend chez moi
Une nuit noire et blanche à la fois
Au milieu d’un quartier désert
Un courant d’air trouve mon dos
Notre histoire à l’envers
Nos soirs d’hiver et mes doigts sur ta peau
Dans la nuit noire, ébène
Ne monte en moi que la peine
L’insomnie et le froid
Une nuit noire et blanche à la fois
Toute trace de toi s’efface sous mes pas
Ainsi sera mon sort : faire une croix sur ton corps
Et puis vivre ma vie dans les allées sombres d’une nuit
Il me reste mon vieux piano
Mon vieux copain, mon seul ami
Plus frappent les marteaux
Et plus résonnent les tristes mélodies
Dans la nuit noire
Rien à faire, rien à voir
Je vais rentrer chez moi
Passer une autre nuit sans toi
Une nuit noire et blanche à la fois
4. LOIN DE L’ÎLE
Je dérive au large des terres habitées
Je m’éloigne du rivage
Je vogue au milieu d’une mer agitée
Sans amarre et sans bouée
Je vois s’effacer mon village
Emportant tous mes souvenirs
J’attends bêtement que se calme l’orage
Pour pouvoir enfin revenir
Loin de l’île
Le courant m’emporte loin de l’île
Loin de l’île
Le courant m’emporte loin de l’île
Les vagues frappent mon bateau
Ma vieille barque qui prend l’eau
Les joies et les frissons
Ont quitté l’horizon
Seul le vent flatte ma peau
Loin de l’île
Le courant m’emporte loin de l’ile
Loin de l’île
Le courant m’emporte loin de l’ile
Au creux des vagues vogue mon cœur naufragé
Au gré des heures et des années
L’orage et les vents ont quitté l’océan
Laissant le ciel sans nuage
J’ai dû dériver, exilé un peu trop longtemps
Je n’reconnais plus mon rivage
Loin de l ‘île, loin de l’île
Loin de l’île au large d’une onde tranquille
Le courant m’emporte loin de l’île.
5. MON COSTUME DE PETER PAN
J’me défais de mon vieux t-shirt
J’le jette au fond du container
Avec ma tuque du Canadien
Quoique c’t hiver
J’pourrais en avoir de besoin
Mon jumpsuit vert
J’l’ai pas mis d’puis des lunes
Rien à faire, j’peux pas m’défaire de mon costume
De Peter Pan, mon costume de Peter Pan
Il ne me fait plus comme un gant
Soit y’é trop p’tit
Soit j’suis trop grand
Y dort au fond du garde-robe
Jusqu’à c’que Bob m’appelle à fin du mois d’octobre
T’sé mon suit vert, j’l’ai perdu dans la brume
Ça s’rait super
De Peter Pan, ton costume de Peter Pan
De Peter Pan, mon costume
Il faut dire qu’il est fait de fines fibres synthétiques et naturelles
Entièrement fait pour lui, non pas conçu pour elle
Pas étonnant qu’on veuille me le voler, me l’enlever, me l’arracher
Quand je s’rai vieux et fatigué
Quand je s’rai mort et enterré
Et qu’on remarchera sur la lune
Au creux d’une dune
Jetez les cendres de mon costume
Au creux d’une dune
Jetez les cendres de mon costume
De Peter Pan, mon costume de Peter Pan
6. LES CHALEURS DU PRINTEMPS
Tu sais pu l’heure qu’il est
Le jour, le mois, l’année
Ton cerveau ne répond plus à l’appel
Même si t’as rien fait pour
C’est le compte à rebours
T’auras beau lever les yeux vers le ciel
Tu sais qu’y est trop tard
Quand le diable est dans ton corps
Tu sais pu où aller
Te cacher, te sauver
T’as personne sur terre à qui te plaindre
Tu demandes au bon Dieu
Par où a pris le feu
C’est bien le dernier de ses problèmes
Tu sais qu’y est trop tard
Quand le diable est dans ton corps
Il s’invite en dedans
Profitant des chaleurs du printemps
Me v’la encore une fois pris avec ça
C’est ça, que je l’veuille ou pas
Comme si j’étais pas déjà assez mélangé comme ça
Déjà qu’l’amour c’est compliqué
Pas simple de s’aimer
Comment être soi sans faire de peine
Et comment retenir
Les ailes du désir
De s’envoler où le vent les mènent
Dieu sait qu’y est trop tard
Pis moi aussi un peu quec’part
7. DÉJÀ LOIN
Avant que ne jaillissent les couleurs de l’aurore
J’aurai quitté la piste d’un aéroport
Plongé dans un profond sommeil
Les bouchons dans les oreilles
Bien avant la rosée, que ne siffle le train
Je serai déjà loin
Est-ce mon front fuyant ou mon tempérament
Qui font que je me pousse systématiquement
Mon regard se porte au loin
Lorsque je devine ce qui s’en vient
Bien avant la rosée, que ne siffle le train
Je serai déjà loin
Le mistral au visage
Je fonce comme un taureau
Et quand revient le calme
Je m’en éloigne aussitôt
Je m’en éloigne aussitôt
Avant que n’apparaissent les couleurs du matin
Bien avant la rosée, que ne siffle le train
Je serai déjà loin
8. L’HORIZON INESPÉRÉ
Tout au long de ma vie, au hasard d’une rue
Je me suis souvent perdu
Suffisait d’une lame, je perdais une rame
Et tournait en rond sans but
Mais toujours cette voix
Aller savoir pourquoi
Qui revenait comme une amie
Comme pousse une fleur dans un jardin sans vie
Elle revenait dans un cri
Tant que le rêve me gardera éveillé
Les longs mois d’hiver
Auront peine à me décimer
Je serai là debout devant la haine
Devant les hyènes et les loups
Une marque sur la joue
Tant que le rêve me gardera éveillé
J’aurai dans le sang l’horizon inespéré
Les yeux droit devant lentement j’avancerai
Tant que le rêve voudra bien
Me garder à ses côtés
Au loin une ligne forte et fragile
Et au milieu de ses couleurs
Toujours cette même lueur
Assez pour voir
Dans un ciel gris le bleu du rêveur
Assez pour croire
Assez pour voir
Dans un ciel gris le bleu du rêveur
Assez pour croire
Que le meilleur reste à voir
9. TELLEMENT NATUREL
Comme si la vie tournait au ralenti
Soudainement mes yeux suivent le jeu
Comme si la vie venait s’arrêter le temps d’une nuit
Pour me donner le temps, tout le temps
Tellement naturel
Être ici tout contre toi
Tellement naturel être là
À étendre mes ailes
À laisser filer le fond de moi
Tellement naturel d’être là!
Dans la lueur de l’aurore
Un long corridor
Je refais le chemin jusqu’à tes mains
Comme à l’abri
Des vents qui souvent contrôlaient ma vie
Là, je les sens loin, tellement loin
Tellement naturel
Être ici tout contre toi
Tellement naturel être là
À étendre mes ailes
À laisser filer le fond de moi
Tellement naturel d’être là!
Tout s’éclaire autour de moi
Mes doutes ne durent qu’un moment
Est-ce que tu ressens
La même chose que moi
Tellement naturel, tellement naturel
Être là
10. DÉCIDÉMENT
Dans un sombre motel boulevard Angrignon
J’me suis réveillé en sueurs, en frissons
La luette pendante, l’haleine…
Le réveil est dur quand t’as passé quarante
Mon linge dispersé
Ma tête mêlée, j’ai peine à me r’trouver
Mais le pire c’est qu’ j’ai beau fouiller dans toute la chambre
J’arrive pas à comprendre
Je fais le ménage des tiroirs de ma mémoire
Pour essayer d’savoir c’qu’y est arrivé hier au soir
Dans ce motel inconnu
Rien d’évident à première vue
Hier soir c’est pas pire qu’un aut’ soir
J’ai dû partir sur une go, une quelconque galère
Pis m’échoir quec’part entre l’espoir et l’désespoir
J’vois pas c’qui a d’extraordinaire
Décidément j’ai pu mon corps de vingt ans
Pour voyager vers les pays étrangers
Je descends de mon lit
Je manque de tomber
Enfile un jeans et descends dans le lobby
Personne, je sonne, resonne
Je reprends l’escalier
Et là je croise Bobby
-“Bobby, tell me did you see me with somebody last night?”
Y’m’dit : « je travaillais pas hier soir »
Il parlait pas anglais lui?
Décidément j’ai pu mon corps de vingt ans
Pour voyager vers les pays étrangers
Les heures s’évadent dans les vapes
Mon cœur et mon corps qui me rattrapent
Enroué, de c’qu’on m’a raconté
J’aurais chanté du Bee Gees au karaoké
Toute la nuit et comme une âme en peine
J’aurais dit des « je t’aime » au guichet ATM
C’est pour dire
Dans le meilleur, loge le pire
Si au moins il m’en restait un simple, mince souvenir
Décidément t’as pu ton corps de vingt ans
Pour voyager vers les pays étrangers
11. ON S’RAIT TU BEN
On s’rait tu ben
En d’dans pis en dehors d’la cabane
Si d’main matin
On enterrait nos chicanes
De sans dessein
Y en aurait plein
Du monde avec le sourire
Main dans la main
Se souhaitant Happy New Year
En plein mois d’juin
On s’rait tu ben
On s’rait tout nu
Les pieds dans l’eau sur une plage
Comme au début
Quand on savait pas notre âge
Not’ nom non plus
Les millions d’enfants d’une galaxie
Vivant heureux, jouant à un jeu
Où l’on se partage un gros ballon bleu
On s’rait tu ben
Non mais on s’rait tu ben
Non mais on s’rait tu ben